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Situation internationale

L’accompagnement dit « trans-affirmatif » et en particulier les traitements hormonaux prescrits aux enfants et aux adolescents souffrant de dysphorie de genre sont controversés et ont fait l’objet d’une attention et d’un examen accrus au niveau international au cours de ces trois dernières années.​

En bref

  • Depuis 2021, la Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark ont restreint bloqueurs de puberté et hormones chez les mineurs, après des revues systématiques des preuves. (NBHW, COHERE et autorités nationales, 2021–2023)
  • Le Cass Review (avril 2024) conclut que ces traitements reposent sur des « fondations chancelantes » ; l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles ont interdit les bloqueurs de puberté pour mineurs en décembre 2024. (Cass Review)
  • Une cohorte nationale finlandaise n’a pas trouvé d’association entre « réassignation » médicale et baisse du suicide une fois la morbidité psychiatrique prise en compte. (Ruuska et al., 2024)
  • Dans la même cohorte, la morbidité psychiatrique était déjà élevée avant l’orientation et n’a pas baissé après la soi-disant « réassignation » médicale. (Ruuska et al., 2026)
  • Historiquement, la dysphorie de genre de l’enfance concernait surtout des garçons prépubères ; la majorité s’alignait sur son sexe à l’âge adulte. Le profil actuel est surtout des adolescentes. (Singh et al., 2021)
  • En avril 2024, l’ESCAP a appelé les soignants à ne pas promouvoir des traitements expérimentaux et à respecter « primum non nocere ». (ESCAP)

« Pour les adolescents présentant une incongruence de genre, le NBHW estime que les risques d’un traitement de suppression de la puberté et d’un traitement hormonal d’affirmation du genre l’emporte actuellement sur les avantages possibles, et que ces traitements ne devraient être proposés que dans des cas exceptionnels. »

Conseil national de la santé et du bien-être suédois NBHW

Europe : frein à l’approche dite « trans-affirmative » pour les mineurs​

Photo : une jeune personne aux cheveux courts, vêtue d'un trench beige, regarde par-dessus son épaule devant un bâtiment en briques
Source : Shutterstock

Depuis 2021, plusieurs pays européens ont réévalué leur approche des traitements médicaux pour les jeunes en questionnement de genre.

Suède, Finlande, Norvège et Danemark​

La Suède (février 2022), la Finlande (juin 2021) et plus récemment la Norvège (mars 2023) ainsi que le Danemark (juillet 2023) ont restreint l’accès aux bloqueurs de puberté et à l’hormonothérapie, sur la base d’examens systématiques des preuves scientifiques.

En Finlande, des études de registres nationales (Kaltiala, Holttinen & Tuisku, 2023 ; Ruuska, Tuisku, Holttinen & Kaltiala, 2024 et 2026) ont ensuite documenté une comorbidité psychiatrique croissante parmi les personnes demandant une soi-disant « réassignation », l’absence d’effet préventif de la « réassignation » médicale sur le suicide une fois cette morbidité prise en compte, et le fait que les besoins psychiatriques ne s’estompent pas après ces traitements.

Royaume-Uni​

Le Royaume-Uni, à travers le Cass Review publié en avril 2024, a marqué un tournant majeur. Le rapport final conclut que les traitements reposent sur des « fondations chancelantes ». Le NHS England a cessé en mars 2024 la prescription de routine des bloqueurs de puberté chez les moins de 18 ans. En décembre 2024, le gouvernement a interdit sans limite de temps la vente et la délivrance privées de ces médicaments aux mineurs en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles (en vigueur depuis le 1er janvier 2025, réexamen en 2027). Les traitements déjà en cours et la délivrance dans le cadre d’un essai autorisé restent exceptés.

Le service Tavistock (GIDS) a été fermé en mars 2024. De nouveaux services régionaux ont ouvert à Londres et dans le Nord-Ouest (avril 2024), puis à Bristol (novembre 2024). En mars 2026, le NHS England a suspendu les nouvelles prescriptions d’hormones masculinisantes et féminisantes pour les 16 et 17 ans et a consulté jusqu’en juin 2026 sur leur retrait comme traitement de routine. L’essai PATHWAYS (King’s College London) doit étudier les bloqueurs de puberté dans un essai randomisé. Il a été suspendu en février 2026, avant tout recrutement, après des réserves de la MHRA, puis réautorisé après modification du protocole. Le 31 juillet 2026, la High Court a rejeté un recours contre l’essai. Le recrutement était prévu à partir du 1er août 2026.

Allemagne​

En Allemagne, la ligne directrice AWMF sur l’incongruence de genre chez l’enfant et l’adolescent (028-018) a d’abord été prévue en S3 — le niveau le plus élevé, qui exige une recherche systématique de la littérature et une évaluation des preuves. Elle a été rétrogradée en S2k : consensus d’experts seulement, sans cette revue. Plusieurs sociétés médicales se sont ensuite retirées du processus faute d’accord. Ce n’est donc ni la preuve d’un consensus professionnel, ni une recommandation S3 fondée sur les preuves. Voir médecine fondée sur les preuves dans le glossaire.

La société suisse de pédopsychiatrie (SSPPEA) s’est opposée au projet en 2024 et s’est ralliée à la prise de position de l’ESCAP.

Autres pays d’Europe de l’Ouest​

En parallèle, plusieurs pays d’Europe de l’Ouest (France, Belgique, Italie, Pays-Bas, Suisse, Espagne, Slovaquie, Portugal) voient émerger des prises de position de sociétés médicales, d’associations de praticiens et de parlementaires appelant à une approche prudente, centrée sur le principe de précaution et une meilleure évaluation psychologique.

Portugal​

En septembre 2026, le Parlement portugais a ouvert des auditions sur trois propositions visant à encadrer la médecine de genre pédiatrique. Une cohorte clinique d’un centre tertiaire à Lisbonne (Glória et al., Acta Médica Portuguesa, 2025) documente un fardeau psychiatrique élevé chez les adolescents reçus, et un faible recours à la préservation de la fertilité. La Society for Evidence-based Gender Medicine a publié, pour ces auditions, une évaluation de dix mythes fréquents (réversibilité des bloqueurs, suicide, « stress minoritaire », persistance). Voir aussi Questions et controverses.

Études de registres finlandaises (Ruuska, Tuisku, Holttinen & Kaltiala)

Cohorte nationale : 2 083 personnes de moins de 23 ans ayant consulté les services spécialisés d’« identité de genre » (1996–2019), comparées à 16 643 témoins appariés.

Morbidité psychiatrique (Acta Paediatrica, 2026)

  • Morbidité psychiatrique sévère nettement plus fréquente que chez les témoins, avant l’orientation (45,7 % contre 15,0 %) et au moins deux ans après (61,7 % contre 14,6 %). Les cohortes adressées après 2010 avaient des besoins plus lourds.
  • Chez celles et ceux qui ont eu une soi-disant « réassignation » médicale, la morbidité psychiatrique a fortement augmenté au suivi : de 9,8 % à 60,7 % (féminisation) et de 21,6 % à 54,5 % (masculinisation). Après ajustement sur les soins psychiatriques antérieurs, le risque restait environ trois fois celui des témoins féminins et cinq fois celui des témoins masculins.
  • Conclusion des auteurs : les besoins psychiatriques ne s’estompent pas après la soi-disant « réassignation » médicale. Avec l’ouverture de la société vis-à-vis des minorités sexuelles et de genre, une baisse dans les cohortes plus récentes aurait pu être attendue ; les registres montrent l’inverse depuis les années 2010.

Lire l’étude 2026

Suicide (BMJ Mental Health, 2024)

  • Sans ajustement, les suicides étaient plus fréquents dans le groupe adressé (0,3 % contre 0,1 %). Une fois l’intensité des soins psychiatriques spécialisés prise en compte, ni la mortalité générale ni la mortalité par suicide ne différaient des témoins.
  • La soi-disant « réassignation » médicale n’était pas associée à une baisse du risque de suicide. Les auteurs concluent que cela ne soutient pas l’idée qu’elle soit nécessaire pour le prévenir.

Lire l’étude 2024

Le principe de précaution s’impose dans le débat international​

Le 27 avril 2024, ESCAP, la Société européenne de psychiatrie de l’enfance et l’adolescence a émis une opinion sévère de quatre pages sur la question des traitements des jeunes qui se déclarent de l’autre sexe. Invitant à la prudence, « l’ESCAP appelle les prestataires de soins de santé à ne pas promouvoir des traitements expérimentaux et inutilement invasifs dont les effets psychosociaux ne sont pas prouvés et, par conséquent, à adhérer au principe «primum-nil-nocere» (d’abord, ne pas nuire). ». Leur branche suisse SSPPEA s’est ralliée à la prise de position d’ESCAP.

  • En janvier 2024, suite à une avalanche de critiques, l’OMS a réouvert et prolongé le délai de la consultation sur son Guide de « soins transgenres » et a annoncé qu’il ne concernera pas les mineurs, car « après examen, la base de données probante est limitée et variable en ce qui concerne les résultats à long terme des soins d’affirmation du genre pour les enfants et les adolescents ».
  • Outre atlantique, où le sujet se règle politiquement et en justice, en janvier 2025, le gouvernement américain a interdit par décret présidentiel tout traitements hormonaux et chirurgicaux de « genre » aux moins de 19 ans. Un rapport scientifique exhaustif commandité par le HHS (Ministère de la santé) a paru le 1er mai 2025 et été revu par les pairs en novembre 2025, mettant en lumière les risques significatifs des traitements médicaux de « transition pédiatrique » et le manque de données probantes. En décembre 2025, le HHS interdit aux hôpitaux fédéraux de pratique tout traitement pédiatrique de « rejet du sexe » sous peine de perdre leur couverture medicaid/medicare. 27 Etats américains ont déjà interdit ou strictement encadré la médicalisation des mineurs qui se déclarent du sexe opposé.
  • Et en Australie, en janvier 2025, la juriction du Queensland est la première à émettre un moratoire sur les traitements hormonaux pour mineurs, dans l’attente des résultats d’un audit, suivie un mois plus tard par celle du Territoire du Nord, tandis qu’en Nouvelle Zélande, le gouvernement a interdit les bloqueurs de puberté en novembre 2025 et que la province d’Alberta au Canada a déposé en novembre 2024 une loi pour interdire les traitements dits de « genre » pour les moins de 16 ans. Le Brésil et le Chili ont également agi pour interdire ces traitements aux mineurs.

Hausse et changement de profil des demandes​

Le débat mondial sur la soi-disant « médecine du genre » a été lancé par le désormais célèbre graphique basé sur les données d’orientation vers le « Gender Identity Development Service » (GIDS), la plus grande clinique pédiatrique « du genre » au monde (Tavistock and Portman NHS Trust, service national de santé britannique). Il démontre l’explosion du nombre des consultations d’enfants et adolescents pour des « questionnements de genre » (voir diagrammes ci-dessous).

Historiquement, le petit nombre d’enfants présentant une « dysphorie de genre », soit une détresse liée à son sexe, était principalement constitué de garçons prépubères. La majorité d’eux dépassaient cet inconfort une fois la puberté passée, et les deux-tiers développaient une orientation sexuelle homo ou bisexuelle. [Singh et al, 2021]

Depuis une dizaine d’années, on constate une vive augmentation du nombre d’adolescentes orientées vers des cliniques spécialisées. Contrairement à la cohorte des petits garçons, nombre d’entre elles n’ont pas d’antécédents significatifs de dysphorie de genre dans l’enfance et un certain nombre souffrent de problèmes de santé mentale comorbides et/ou de troubles du développement neurologique tels que l’autisme (ASD) et le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (ADHD). La majorité des filles reçues en clinique a une orientation sexuelle lesbienne ou bisexuelle.

Les raisons de ces changements ne sont pas suffisamment étudiées. Si certains mettent cette augmentation sur le seul compte d’une plus grande tolérance sociétale ayant libéré la parole, d’autres évoquent l’influence des réseaux sociaux, la tendance connue des jeunes filles à succomber aux contagions sociales, la couverture non critique du phénomène par les médias, l’activisme pro trans, la mainmise de médecins « trans-affirmatifs » sur leurs associations et le fait que la doctrine de l’ « identité de genre » infuse de plus en plus notre société et ses institutions.

Sources :

Diagrammes (données de divers pays)​

Graphique : nombre de mineurs orientés vers le GIDS (Tavistock, Londres) pour dysphorie de genre, de 2010-11 à 2021-22, par sexe et par tranche d'âge